La triste manipulation de l'idée de l'Europe

L'Europe serait un projet mobilisateur, si le libéralisme n'y était pas l'idéologie hégémonique.

Editorial du Monde, daté samedi 10 mars 2012.
Le Monde a toujours considéré que les citoyens devaient se soumettre à ceux qui savent. Il n'a toujours pas accepté que le non l'ait emporté à une forte majorité en 2005.
L'Europe est toujours parée de toute les vertus, même contre la réalité.
Qui s'approprie le moindre centime que possèdent les Grecs ? Qui impose l'austérité punitive issue du puritanisme ? Qui est incapable de dire non au bourreau Syrien ? Qui a défendu, contre toute logique économique, le recours indéfini au crédit ? La liste est sans fin, mais la réponse est simple : l'Europe libérale et toujours l'Europe libérale.
Mais au fait qu'est-ce que l' Europe ? Celle dont Le Monde parle toujours sans dire ce qu'elle est ? Car il n'y a pas une seule Europe dont la définition fasse consensus.
Il y a l'Europe libérale, celle des élites, celle du TCE, refusée par les citoyens en 2005, et qui est rentrée par la fenêtre de Lisbonne, sans aucun débat, ni légitimité démocratiques. Celle qui existe aujourd'hui, au nom de laquelle les Grecs crèvent et qui place la finance avant tout ; en réalité, la finance, c'est l'avatar derrière lequel se cachent les actionnaires, qui selon les deux dogmes du libéralisme ont tous les droits de s'approprier ce qu'ils veulent, et dont nul n'a le droit de les en empêcher.
On voit chaque minute  l'effet de cette idéologie sur les peuples européens.
C'est cette Europe là que les Français, beaucoup plus lucides et objectifs, que les élites ne veulent l'admettre, rejettent, parce qu'ils savent très bien qu'elle les conduit à leur ruine, au profit exclusif de la finance.
L'Europe pourrait être un projet enthousiasmant, si elle était conduite par un idéal désintéressé, au seul profit des peuples européens.
On verrait alors les citoyens se mobiliser en masse en faveur de cette Europe.
Mais tant que le libéralisme sera hégémonique chez les élites au pouvoir,
c'est une utopie irréaliste.

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